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Prix Dacos 2015

L’ESAVL-ARBAL expose le lauréat

et les sélectionnés du Prix Dacos 2105

(1re édition)

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Dacos, un prix

Pour sa première édition (2015), l’ÉSAVL-ARBAL expose Simon Defosse le lauréat et les artistes sélectionnés du Prix Dacos. Simon Defosse est un  jeune diplômé du Master en Arts plastiques, visuels et de l’espace, Option Gravure de l’ÉSAVL-ARBAL (2012). Parmi les sélectionnés, retenons aussi le nom de Babé, elle-aussi jeune diplômée du Master en Gravure de l’ÉSAVL-ARBAL.

La Ville de Liège, en étroite association avec la famille de l’artiste, a décidé d’organiser dès 2015 la première édition du Prix Dacos. Ce prix, destiné à stimuler la création artistique contemporaine, est décerné à un artiste âgé de moins de 30 ans pratiquant la gravure au sens le plus large du terme.

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Le jury de sélection, composé de représentants de l’Échevinat de la Culture, de la Direction des Musées, de conservateurs, de graveurs, et de membres de la famille de l’artiste, après avoir examiné les dossiers de 70 candidatures venues de 21 pays, a décidé de décerner le Prix Dacos à Simon Defosse.

Ce prix a permis ainsi à Simon Defosse d’exposer ses travaux récents au Palais Curtius de Liège en décembre 2015 et janvier 2016, aux côtés d’un choix d’œuvres de Dacos.

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À partir du lundi 15 février une deuxième exposition permettra de découvrir ou de redécouvrir les œuvres de Simon Defosse aux côtés des œuvres des autres candidats. Le vernissage aura lieu le mercredi 17 février à 18 h. L’exposition restera accessible jusqu’à au vendredi 26 février.

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Dacos, un homme

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Dacos

C’est un plaisir pour l’ÉSAVL-ARBAL d’organiser cette exposition. En effet, Dacos (1940-2012) fut titulaire des cours et responsable de l’atelier de gravure pendant plus 30 ans, de 1974 à 2007.

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Dacos lors de l’assemblage du calendrier annuel de La Nouvelle Poupée d’Encre

Maria Pace, une des anciennes étudiantes de Dacos lui a succédé, c’est elle qui est à présent titulaire des cours de gravure. C’est elle qui, d’une certaine manière, perpétue l’âme de Dacos au sein de l’atelier.

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Dacos à l’atelier de Gravure

Co-fondateur de la Biennale Internationale Gravure Contemporaine de Liège, de l’association de graveurs La Poupée d’Encre (à présent La Nouvelle Poupée d’Encre), des éditions Tétras Lyre… Dacos fut un inlassable défenseur et promoteur de la gravure, ses œuvres et son action ont largement dépassé les frontières de notre pays.

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Suite au décès de Dacos en 2012, Philippe Delaite, professeur d’Histoire de l’art au sein de l’ÉSAVL-ARBAL, publia ce texte sur le site de La Nouvelle Poupée d’Encre.

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Philippe Delaite et Dacos


Dacos

Au gravail,
Au gravail,
Pas une pinute à merdre !

 

                  Sacré bonhomme. Je me souviens de notre première rencontre, c’était en ’73 ou en ’74, j’étais à l’époque au Cabinet des Estampes, encore étudiant. Il venait de recevoir le Prix de la Ville de Liège, il rentrait de Méthamis, il avait postulé pour succéder à Georges Comhaire à l’Académie. Je connaissais son nom, j’avais déjà vu une de ses gravures. J’ai découvert l’homme. Déjà à cette époque, il ne parlait, ne pensait, ne vivait que par la gravure. Sans concession.

                  Nous nous sommes retrouvés à l’Académie. Dans son atelier. Je n’avais pas besoin de connaître son horaire de professeur. Le connaissait-il lui-même ? Dacos était toujours là. Ou presque. Je le taquinais souvent : « T’es cô là ti, Dacos ? ». Je crois bien que si je lui avais demandé de m’aider à résoudre un problème d’impression, il aurait pu venir à quatre heures du matin un jour de vacances si cela avait été nécessaire. Toujours disponible.

                  Enseigner la gravure, faire partager sa passion n’a pas toujours été facile, les inscriptions dans l’option gravure ne se bousculaient pas. Un euphémisme. Pourtant, jamais il n’a baissé les bras, multipliant les expositions, créant la Poupée d’encre, les Biennales de gravure, les stages pendant les vacances à Liège ou à l’étranger, participant à la création de notre dépôt d’estampes ici à Wégimont, débordant d’imagination pour montrer et promouvoir la gravure. Entier.

                  Formé comme instituteur, il avait conservé du métier l’exigence du terme juste, le goût et le plaisir des mots, préférant un dictionnaire historique de la langue française ou un recueil de poésie à tous les romans, fussent-ils policiers : « Hé, Delaite l’historien de l’art, tu sais d’où vient le mot limoger ? ». Narquois.

C’était aussi un formidable râleur. Evidemment. Il aimait bousculer. Il savait aussi quelquefois être de mauvaise foi. Ses jugements étaient souvent sans appel. Et pour critiquer un travail qu’il n’appréciait pas, l’œil pétillant : « Ne regarde pas ça, tu vas t’abîmer les yeux ! ». Espiègle.

Dacos était infatigable, infaillible et d’une ténacité à toute épreuve lorsqu’il s’agissait de rappeler une échéance, de faire connaître une exposition, un appel à candidatures, une presse à vendre, une référence ou un format de papier, l’adresse d’un fournisseur ou le mail d’un graveur : son « Palm » puis son « Blackberry » à portée de main dans une de ses innombrables poches. Et s’il n’avait pas sur le moment la réponse à une question, même sur la manière de cuisiner les lentilles vertes du Puy, on la recevait quelques heures plus tard par courriel. Toujours.

Écrire qu’il va me manquer, c’est vraiment très peu dire.

                                                              Philippe Delaite, 2012


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